Aventure FrenchKiss

Le récit d'une année à voile en famille.


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Antigua la belle Anglaise

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Nous sommes arrivés à Antigua un vendredi 28 décembre.  Éprouvés par une première traversée et des conditions difficiles, nous avons sauté dans l’annexe dès notre arrivée afin de fouler cette nouvelle terre.   Le petit village de English Harbourg était pratiquement désert, la marina presque vide et les commerces fermés.

-Quel est ce trou??  Il n’y a rien ici ??…Nous ne resterons pas ici longtemps!!

Arriver dans une nouvelle ville, un nouveau lieu ou une île est toujours insécurisant.  On ne connait rien, on a aucun repère mais comme c’était si bien décrit dans l’introduction du film « l’auberge Espagnole » si on se donne la chance, ces rues, cette boulangerie, ce café vont finir par devenir notre rue, notre boulangerie et notre café, il faut se donner la chance de découvrir.

Du coup, nous avons repris des forces et célébré le passage de 2014 ancrés à Falmouth Harbour.  Une fête bien arrosée qui s’est terminée à lancer des fusées de détresse périmées où Jean a failli mettre le feu à un voilier tellement ses tirs étaient imprécis.  Je ne veux jamais faire naufrage avec lui car il risque de faire couler le radeau de survie avec ces trucs!!!   Quelle rigolade.

Le premier Janvier nous avons donc levé l’ancre pour explorer les beautés d’Antigua.   Les options de manquent pas; 365 plages, des mouillages bien protégés à profusion, des hôtels d’un luxe jamais vu auparavant, une riche histoire maritime et surtout, une culture de voile incroyable.  Si St-Barth est la Mecque du super Yatch, Antigua est celle des mégas voiliers….100, 200, 300 pieds…des mâts hauts comme des petits buildings, tellement qu’ils doivent avoir des feux rouges en haut de mât pour se signaler (auprès des avions).

Antigua a marqué pour nous le grand départ de notre périple.  Une première île que nous n’avions jamais explorée auparavant et le départ de notre port d’attache.  L’aventure en petite famille où le vrai rythme de voyage s’est pris.  Nous avons exploré l’île en bus local « collectivo », pris l’apéro avec des navigateurs et aventuriers formidables,  cabotés de mouillages en mouillages en prenant chaque jour plus d’assurance et de plaisir à cette vie.  Le meilleur souvenir que nous gardons d’Antigua est la gentillesse des gens, un peuple fier avec un chic très british, du skipper milliardaire au mendiant dans la rue!

À notre retour à English Harbour, après 2 semaines de cabotage, la vie avait repris.  Les grands voiliers étaient de retour de leur périple des fêtes, les cafés était pleins de jeunes matelots qui écoutaient le foot à la télé, les bars bondés de visages souriants et plein d’aventure dans les yeux….c’était maintenant notre café, notre boulangerie, notre bar, notre petite marina!

C’est donc avec un petit pincement au cœur que nous avons quitté la côte d’Antigua mais nous avons la piqûre du syndrome des navigateurs….l’appel de l’aventure et de découverte!!

Direction Guadeloupe.

Pour voir nos photos d’Antigua, suivez ce lien :

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Café à St-John

Café à St-John

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En route vers la Guadeloupe

L'équipage s'informe des formalités d'arrivée sur la Guadeloupe

L’équipage s’informe des formalités d’arrivée sur la Guadeloupe

Notre deuxième passage

La météo sera bonne, Étienne me rassure, et pourtant, je suis dans ma cabine et je n’arrive pas à m’endormir malgré la fatigue de la journée.  J’ai beau repasser mille fois dans ma tête la liste des préparatifs, tout est fait. L’annexe est montée et solidement attachée, la route est tracée, les gilets sont sortis, la ligne de vie est installée avec le harnais, les lunettes, crème solaire, les sandwichs préparés, les biscuits soda, tout est prêt afin de ne pas à avoir à descendre dans le bateau durant la traversée. Je reste un peu traumatisée de notre dernière expérience et il ne me manquerait plus qu’à me faire poser une sonde pour ne pas devoir aller aux toilettes en pleine mer…. Pour l’instant, j’arrête de boire.

On doit se réveiller demain matin à 5h30 pour partir…. Le seul problème c’est qu’on ne sait plus ce qu’est un réveil et rien qu’à l’idée de programmer notre montre, cela nous rappelle les obligations d’une vie antérieure….Bon, la nausée commence avant même d’avoir levé l’ancre. On rigole avec Étienne et on finit par s’endormir…

Lendemain matin, 6h15, tout le monde ronfle à bord.  On se réveille en catastrophe, nous sommes déjà en retard sur notre horaire.  Le réveil n’a jamais sonné ou Étienne ne sait plus comment ça marche ou bien c’est son inconscient qui a pris le dessus. On décide de se faire quand même un bon petit brunch avec œufs, toasts et café. Au moins, on aura quelque chose à vomir. On réveille les garçons, repas, gilets de sauvetage et en un éclair, on est tous dehors….

Le capitaine me demande d’aller lever l’ancre. J’ai déjà le goût de pleurer en appréhendant ce qui nous attend.  Je me surprends même à faire une prière sur le pont au dieu Éole en le suppliant de rester calme et doux durant les prochaines heures.

On sort la voile, le génois et tout se passe bien, il n’y a rien qui a bloqué, c’est pas normal…. Le vent est avec nous et nous filons à 8 nœuds… On va vite, trop vite, non????  Étienne a pourtant l’air de bien maîtriser la situation, il est même fou de joie, on devrait même arriver plus tôt que prévu, du jamais vu… Frenchkiss vole sur les vagues à toute allure, on gîte tellement fort que tout le côté tribord est sous l’eau. Sacha et moi commençons à stresser et à s’agripper comme on peut pour ne pas glisser. On regarde le capitaine et on lui demande si c’et normal de toucher l’eau comme ça… Et Étienne nous tue d’un simple regard et nous lance :

-Bordel, ça va….si vous n’aimez pas la gîte, achetez-vous un putain de bateau à moteur la prochaine fois!!!!

Ça calme tout le monde et on décide finalement de se mettre par terre à même le sol du cockpit pour ne plus avoir peur de passer par-dessus bord. Sacha, têtu comme un âne, trouvera la pire position possible pour tenir tête à son père et lui démontrer tout son amour pour les traversées… Les heures passent, on regarde MontSerrat s’éloigner avec ses fumerolles… Et tout d’un coup, je m’aperçois que malgré toute ma super organisation, j’ai oublié de prendre mes pillules pour le mal de cœur…..

Je réalise alors qu’on commence vraiment à s’amariner.  Vous dire que j’ai éprouvé du plaisir en pleine mer serait un mensonge, mais cette dernière traversée m’a permis d’avoir moins peur et de prendre un peu confiance.  Personne n’a été malade, c’est déjà une nette amélioration! Si on peut maintenant prouver que certains d’entre nous possèdent un gêne de voyageur et de soif de découvertes, je pense qu’il y en a certainement un autre pour les traversées. J’ai reçu le premier mais pas le deuxième en héritage dans cette vie, quoique les choses s’améliorent petit à petit….

Et puis quel bonheur d’apercevoir, au loin, les premiers reliefs de la Guadeloupe ave ses grandes montagnes verdoyantes. Je suis heureuse, j’ai hâte d’arriver…. Étienne est remarquable, une fois de plus… pour nous taquiner il nous pointe du doigt la direction de l’Afrique et nous dit qu’il nous faudrait environ deux semaines pour y arriver avec des vents favorables. Cela fait plusieurs fois qu’il nous le répète. Connaissant mon mari, il a bien des idées qui trottent et des projets dans sa tête. Le continent africain, vraiment?   Pour l’instant, on l’envoie tous chier…. La Guadeloupe nous attend!

Salut à tous et continuez à nous écrire.

PS: Etienne traîne à terminer son articule sur Antigua qui devrait être publié bientôt.

 

 

 

 

 

 

 


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« Close encounter » aux Saintes

Ce matin, Sacha a entendu un souffle passer le long de la coque de FrenchKiss…vite, vite, il s’est précipité sur le pont et s’est écrié:

-Un dauphin, un dauphin!!!!

Comme c’était en pleine séance de mathématiques nous avons cru au subterfuge mais, c’était bien vrai!!!

En moins de 2, Sacha et moi étions dans l’eau avec nos palmes et masques.  Ce magnifique mamifère marin s’est tout de suite approché de nous et nous avons eu la chance de jouer avec lui quelques minutes….Sacha l’a même touché….c’est le plus beau jour de sa vie et un rêve réalisé pour papa!!!

Nous sommes encore sous l’émerveillement et allons dormir avec nos masques cette nuit au cas ou il reviendrait nous voir.

Allez voir ce lien pour un extrait vidéo. Vous verrez le dauphin faire des aller retour entre moi et Sacha au loin.

http://youtu.be/jM47fvg0xyY

 

 

 

 

 


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Nouvelles photos Noël et St-Bart

 

Bonjour à tous,

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Notre album photo a été mis à jour avec quelques unes de nos photos récentes de Noël, St-Barth et de la visite de nos amis Jean et Mado.

Vous trouverez les photos sur notre page Flickr à l’adresse suivante ou sur le lien de notre site:

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Nous quittons tôt demain pour la Guadeloupe; la météo est bonne donc tout devrait bien se passer!!!

Merci pour vos commentaires qui sont toujours très appréciés

Ciao à tous et à bientot!

 

En direction d’Antigua

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Le moment du départ

Le moment du départ

Il est 1h du matin, je suis assis à la table à carte pour tracer notre position sur la carte routière.  Sous la forte gîte, mon estomac est écrasé sur le bord de la table à chaque vague et j’ai peine à voir avec les yeux qui me brûlent de sel des embruns qui perlent sur mon visage.  La lumière rouge de nuit donne l’impression d’être dans un sous-marin.  Le brut est assourdissant;  tout craque, les vagues qui cassent sur la coque, le veut qui hurle dans les haubans, la vaisselle qui s’entrechoque…on se croirait dans une capsule spatiale rentant dans l’atmosphère.  Ce séjour dans la cabine me paraît durer une éternité et je me concentre pour ne pas que la nausée me gagne.

Je remonte finalement dans le cockpit en m’accrochant de mon mieux afin de ne pas tomber.  La scène n’est pas  réjouissante.  Esther et notre amie Mado sont malades comme des chiens.  Esther est couchée sous la gîte de tout son long et ne peut pas bouger; on à l’impression qu’elle va rouler dans l’eau.  Mado de son coté doit mettre une jambe sur le pied de la table de cockpit afin de ne pas tomber en bas de sa banquette en raison de la gîte et du fort roulement de FrenchKiss.   Jean, stoïque,  est assis derrière la barre à roue surveille les instruments tout en constatant notre lente progression sur le traceur.  Je prends la relève pour mon quart afin qu’il puisse aller se reposer à l’intérieur.

Nous avons quitté St-Barthélémy en direction d’Antigua à 21h00.  Une traversée de 90 miles nautiques (160km) qui se fait au prêt, allure la moins confortable sur un voilier, s’il y en a une de confortable!   À une moyenne de 5 Nœuds, il faut donc compter 18 heures de route ce qui impose une traversée de nuit afin d’assurée une arrivée de jour car je ne connais pas les côtes Antigua.

La journée a été merveilleuse;  dernière visite de l’électricien afin de finaliser les réparations causées par la foudre avant Noel;  la gauge de fuel et le voltmètre, essentiels sur un bateau, fonctionnent à nouveau.  Par la suite, lunch dans un petit bistro du port de Gustavia: Salade de gambas à l’orange avec une, non deux bonnes bouteilles de rosé bien frais….un régal.  L’équipage est de bonne humeur et dans l’euphorie du moment, nous décidons que nous partirons ce soir…la météo est bonne, le bateau est prêt et l’équipage veut vivre cette expérience.

La nuit est bien installée et la lune, un timide croissant, n’est pas prévue avant 3h30 AM.  Il fait donc noir, très noir.  En se plissant bien les yeux, on peut apercevoir une ligne d’horizon mais sans plus.  Tout ce que l’ont voit sont les embruns colorés par les feux de positions rouge et vert et les masses sombres des nuages porteurs de grains. A chaque fois qu’un de ces damnés nuages s’approche, le vent fraîchit et nous fouette de violentes rafales…25, 30 nœuds.  FrenchKiss se cabre et se couche sous les gémissements des équipiers nauséeux et apeurés.   Tout à coup, une petite tête apparaît dans l’escalier de la descente

-Maman, … qu’est ce qui se passe, on est où?

Sacha que nous n’avions pas informé de notre départ afin de ne pas l’inquiéter est tétanisé de peur. Il a mal au cœur et se rend difficilement  en titubant dans les bras de sa mère.  Ce n’est pas long qu’il est malade à son tour….

J’ai fait beaucoup de voile dans les vingt dernières années mais pour la première fois, je réalise qu’en faire avec ses enfants est une toute autre chose.  Malgré l’inconfort du moment, j’ai la capacité de me résonner  que notre bateau est tout à fait sécuritaire et que la météo n’a rien d’exceptionnelle…il s’agit seulement de  navigation en haute mer, je n’ai aucune crainte pour notre sécurité.  Par contre, je sais que mon petit bonhomme ne comprend pas ça et il à tout a fait raison, une expérience comme celle-ci est vraiment impressionnante.  Je me sens impuissant devant cette situation mais ne peut rien faire d’autre que de garder le cap et de m’assurer de la sécurité de mon équipage.  Il ne reste que…treize heures de navigation au minimum.

Personne ne parle.  À mon poste, je scrute l’horizon toutes les 20minutes afin de m’assurer qu’aucun navire n’est sur notre route.  Je finis par en apercevoir un à quelques miles en arrière mais qui semble nous dépasser tranquillement par bâbord.  Les yeux fermés, je m’imagine comment se passe leur traversée et de quel type de bateau il s’agit.   Je m’amuse à croire qu’il s’agit peut être de l’un des magnifiques méga yachts que nous avons croisés lors de notre séjour à St-Bart et je me demande comment se passe une traversée sur un de ces navires.   Il faut le voir pour réaliser  la démesure de ces vaisseaux;  que ce soit le Luna d’Abramovich, le Grand Bleu que ce même milliardaire à donné à son meilleur ami, le Serena plus gros Yatch privé au monde, l’Olivia avec son tapis de jogging perché sur le plus haut point du bateau,   le voilier de Nelson Piquet qui rappelle la forme d’une formule 1 ou cet autre avec une glissade gonflable qui part du toit, etc.   Tous ces géants des mers valant plusieurs dizaines de millions pièces réunis à St-Barth pour les festivités de la nouvelle année et que nous avons eu la chance de côtoyer.   Est-ce que leur bateau brasse en mer?  Sont- ils en train d’écouter un film ou faire la fête au sec pendant que je me gèle mouillé derrière mon poste de commande?  A quelle vitesse vont-ils?

Mes rêvasseries continuent jusqu’à ce que tout coup….PAAAANNNNNGGGG…..je reçois un coup de poing entre les deux yeux.  Bordel de merde….qu’est ce qui se passe….le mat est tombé…Mado a été éjectée de sa banquette???  J’ouvre les yeux…..je cherche…crie……merde….il s’agit simplement d’un poisson volant d’une vingtaine de centimètres qui a décidé de venir me saluer…ouuuffffffff.   Encore sur le choc, j’essaye de l’attraper mais il est visqueux comme une savonnette mouillée.  Je finis par l’attraper avec l’écope de l’annexe et le rejette dans son élément.  Quel peur….et en prime, mes lunette sont complètement beurrées et une superbe odeur de poisson embaume le cockpit ce qui ravit mes éclopés….ca puuueeeee!!!!!!

Avec tout ce bordel, une deuxième tête apparaît à son tour dans la descente.

Maman…..cha va?

Noah qui jusqu’à maintenant avait dormi à poings fermés est réveillé et a peur. Je profite du réveil de Jean pour aller me coucher avec Noah dans le carré en espérant gagner quelques heures si possible car le cockpit commence à se faire petit en haut.  Nous nous calons bien dans la banquette et nous écroulons de fatigue malgré le bruit infernal et le mouvement.

Une heure plus tard, le bruit des winchs me réveillent.  Le vent a tourné et s’est rafraîchi d’avantage, les filles en ont marre et réclament une réduction de la gîte.  Jean fait les ajustements et du coup notre vitesse tombe d’avantage….5…. 4 nœuds…..que c’est pénible de regarder une progression si lente en voyant son équipage souffrir autant.  Heureusement que Jean est présent pour m’encourager car j’ai un petit moment de découragement….je me sens impuissant devant cette situation mais je ne peux rien faire de plus.

Voilà que Noah se réveille et a mal au cœur….il veut voir maman.  Nous voilà donc tous dehors dans le cockpit, en pleine nuit, sous 20 degrés de gîte avec 3 mètres de creux.  Tout le monde est couché sauf Jean et moi…..j’ai l’impression d’avoir un troupeau de morses à bord tellement il n’y a plus de place.  Les oreillers, le seau à vomi,  les serviettes…inutile de penser à border ou choquer une voile….aucune écoute d’accessible.  Je démarre donc le moteur pour le reste du voyage sinon nous n’arriverons jamais et je vais me faire trucider.

Le soleil se lève…enfin!   Les réjouissances sont de courte durée.  Au moins la nuit on est dans un certain néant mais avec la lumière, on se rend compte qu’on est encore loin….rien en vue sur 360 degrés!   De plus, le vent forcit  et maintenant que nous voyons toutes ces grosses vagues qui freinent le bateau, nous voilà peu encouragés.

Finalement, terre, terre!!!!  Petit moment de réjouissance bienvenu car Esther, Sacha et Mado en sont rendus à la bille et Noah commence à être malade aussi!   Sacha pleure et n’en peu plus.  Ayant abattu pour soulager le bateau pendant la nuit, il faut maintenant remonter presque vent debout et FrenchKiss à peine à avancer à 4 nœuds.  Les filles s’impatientent et me demandent aux demi-heures:

-On arrive bientôt?  Combien de temps reste-il?

Et moi de répondre comme le fait un père dans la voiture avec ses enfants :

-Oui,  Oui, on arrive bientôt…plus que 8 miles.

Ce que je ne dis pas, c’est qu’il reste 8 miles jusqu’au prochain waypoint, et  encore 15 autres par la suite…..un peu de psychologie pour ne pas décourager les troupes!!  Les deux dernières heures sont interminables et Esther est sur le bord de me pousser à l’eau, par contre elle n’a pas la force de se lever…elle me balance :

-Profites-en car, c’est ta dernière escale, j’espère qu’Antigua est une belle île car on arrête ici, je ne susi pas capable!!!!!

20 heures plus tard, à 16 heures précise nous entrons enfin à Falmouth Bay, voisine d’English Harbour.  Des que nous passons le cap rocheux, la houle se dissipe et FrenchKiss  glisse maintenant gracieusement sans effort dans l’eau.  Le soleil brille et une effervescence envahit l’équipage;  la bande de morse semble se réveiller d’un cauchemar; on ramasse, on s’étire, les enfants sautent de joie.   Le majestueux Club Med II avec ses 5 mats nous accueille éclairé du soleil descendant.

Je jette l’ancre, serre mon second Jean dans mes bras et ouvre une bonne bière.  Je félicite tout mon équipage pour leur courage et leur patience…malgré toutes ces émotions, personne ne s’est plaint et a pris son mal en patience.  Je lance à la blague :

-Merci d’avoir partagé cette première et dernière traversée avec moi…ce sera tout un souvenir!

Et mon petit Sacha qui se tourne vers moi et me dit après avoir tant souffert et eu peur:

-Papa, tu as tellement travaillé fort pour préparer ce voyage, il n’est pas question d’arrêter là.  Laisse-nous reprendre des forces quelques jours et nous continuerons, je te promets.

Les larmes aux yeux, je regarde mon petit bonhomme et le sers dans mes bras.

Cet instant à lui seul valait le voyage.

Merci Sacha

Prochain Article….Antigua la belle anglaise!

La version d’Esther

De nature très (ou trop?) positive, Etienne ne garde que le meilleur en souvenir….. Moi, je vous le dis, cette traversée reste pour moi une des expériences les plus terrifiantes de ma vie! C’était un véritable cauchemar, une souffrance qui a duré plus de 20 heures… Avec l’angoisse, je voyais toujours un des enfants rouler par-dessus bord en pleine nuit, ou encore perdre notre capitaine assommé par un coup de baume…. J’étais persuadée qu’avec une telle gîte, il  y en aurait un de nous qui finirait dans cette horrible masse noire… Je savais que si cela arrivait, il n’y avait aucune chance de survie car on ne voyait absolument rien…. Je me suis même mis à détester la mer avec son écume blanche prête à nous engloutir… Bref, un véritable dépassement de soi pour l’un, est un terrible cauchemar pour l’autre…. La seule chose qui est incroyable, c’est que la nature est bien faite et que l’on se dit que ça valait la peine…. Après avoir pris une courte mais bonne douche, avoir avalé un bon repas et même pris un verre de vin, je ne peux pas dire que j’ai tout oublié mais je suis prête à recommencer…. De toute façon, je  n’ai pas trop le choix mais je continue à détester les traversées et la prochaine à venir est encore bien angoissante pour moi…. La seule chose réconfortante, c’est qu’elle sera plus courte et se fera de jour….. Merci à Jean de nous avoir aidé à poser les filets autour du cockpit dès notre arrivée…. Psychologiquement, ça aide!!!!! Si l’un de nous roule par-dessus bord…  Et l’appel de la Guadeloupe me donne un peu de courage….. Nous pensions même l’apercevoir au loin, mais on vient de se rendre compte qu’il s’agit du volcan Montserrat à 20 miles ….. Quelle déception, c’était trop beau pour être vrai!!!!! Il faudra encore faire 45 miles pour y arriver…. Étienne vous dira que ça va prendre environ 7 ou 8 heures, moi je vous dis que ce sera encore une traversée d’une douzaine d’heures….. À suivre!!!!!

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Lunch aux gambas avant le départ

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Souper le soir de l’arrivée…explosés de fatigue

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Depart du quai de Gustavia

 

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Notre vaillant seau au travail

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Les megas yatch s`enlignent au quai de Gustavia

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Sacha gére la manoeuvre d’accostage

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Voici les différents Yachts repérés par Esther pour son prochain périple

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Solidarité scolaire

Lecon du mardi 7 janvier

Leçon du mardi 7 janvier

En raison du mauvais temps qui sévit à Montréal et afin de démontrer tout mon support envers mes collègues du Collège Stanislas, l’équipage a unanimement décidé de fermer l’école Frenchkiss en ce mardi 07 janvier 2014.

Notre programme pédagogique a été remplacé par la visite d’une plantation d’ananas, le fameux « black pineapple » d’Antigua, suivi d’un déjeuner gastronomique au très, très chic Carlisle Bay Resort… Pour menu : filet de mahi-mahi cuit à l’étuvée dans une feuille de bananier, accompagné de son riz créole au coco, suivi d’un carpaccio d’ananas.

Naturellement, sieste et baignade se sont imposées tout l’après-midi pour digérer le tout.

Ici aussi, l’hiver a frappé! Le thermomètre est passé sous la barre des 25 C la nuit, ce qui nous a obligé à se couvrir d’un drap la nuit dernière.

Solidarité, solidarité.

Nous pensons tous très fort à vous!

Esther

P.S. Pour ceux qui me répondront, s’il vous plaît, restez polis!!!!!! Nous sommes dans une île anglaise.

Sans rancune!