Aventure FrenchKiss

Le récit d'une année à voile en famille.


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Décision prise!

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On fête les 44 ans du capitaine aux Saintes!

 

Bon, allons dans le vif du sujet.  Plus de 2 mois sans écrire le moindre article, la moindre ligne sur notre blog.   Dire que nous pensions utiliser ce dernier comme journal de bord (pour lequel nous avons le même niveau d’assiduité en passant!)  – que s’est il passé?

La réponse à cette question est extrêmement simple, vous allez comprendre par un simple exercice comme suit :

  1. On blogue ou on plonge?
  2. On blogue ou on se fait une petite marche et une chute dans la forêt tropicale?
  3. On blogue ou on rejoint les enfants des copains sur la plage?
  4. On blogue ou on va faire la fête avec les copains qui nous attendent?
  5. On blogue ou on se fait un apéro?
  6. On blogue ou on fait la sieste?
  7. On blogue ou on se fait une petite nav?

Jouisseurs et épicuriens comme nous le sommes, la réponse est toujours la même : on bloguera demain!

Il faut dire que le temps s’est mis à filer ces derniers mois et que notre principal objectif est de profiter de chaque seconde au maximum, et c’est ce que nous avons fait!

Il y a environ un mois, nous avons amorcé la remontée vers St-Martin de notre point le plus méridional qui aura été finalement l’île de Grenade.  C’était notre plan initial mais dans les derniers mois, disons que les plans ont changé plus d’une fois.  Un jour, nous étions déjà partis pour les ABC, un autre pour les Sand blasts et un autre pour l’Amérique du sud…une deuxième année sur l’eau était déjà bien planifiée.  Tout ça, sans parler de cette fameuse transat de l’Atlantique qui commence à nous travailler…

À travers toutes les rencontres de familles qui naviguent comme nous, nous nous sommes rendus compte que nous n’étions pas les seuls torturés dans nos choix futurs. D’un côté, il y a l’école, les finances, la carrière, la retraite, et de l’autre côté ce goût de trouver un équilibre entre les obligations et nos aspirations.  Oui, on sait bien, vous pensez tous que la mer n’est remplie que de baba cools aux cheveux longs, aux poils en-dessous des bras, rêveurs, soulards et paresseux.  Et bien, c’est tout le contraire!  La mer nous aura fait découvrir des familles tout aussi incroyables que sympathiques, responsables et en pleine remise en question pour leur futur et celui de leurs enfants. Des personnes simples et vraies qui nous ont inspiré et rassuré par rapport à nos questionnements.  La plupart de ces familles ont les mêmes soucis et prévoient encore de nombreuses années d’aventures et de solutions pour éviter le perpétuel engrenage de notre société.

La raison nous a donc finalement ramené sur terre temporairement et nous avons opté pour la solution la plus judicieuse pour le moment.  Nous avons une bouée à St-Martin (sans frais) et nous devons absolument sécuriser le bateau pour  la saison cyclonique, qui est déjà commencée, soit dit en passant.   De plus, nous avons certaines opportunités personnelles à saisir maintenant pour le futur. Ces choix devraient nous permettre d’atteindre nos objectifs et de remettre les prochaines destinations dont nous rêvons à un proche avenir.

Pour en revenir à nos deux derniers mois, nous pourrions vous raconter toutes nos dernières découvertes entre Cariacou, Petit Saint-Vincent, Petite Martinique, Grenade, Sandy Island, etc, mais une île tropicale est une île tropicale… Notre plus grande surprise de cette aventure reste vraiment les rencontres que nous avons faîtes et le côté humain de cette aventure.

Comment raconter ces innombrables journées et soirées à voir des enfants de 4 à 12 ans s’épanouir et jouir de la vie pendant que les parents s’éclatent et refont le monde, sans se soucier d’aucun statut social ou économique, sans artifice et sans retenue. Jamais la langue, la religion ou la culture n’aura été une barrière à notre amitié, et encore moins pour les enfants qui ne savaient même plus s’ils échangeaient en anglais, français… ou ukrainien. Si l’un de nos objectifs de départ était d’apporter une ouverture d’esprit à nos garçons, c’est gagné!

Grenade, l’île aux épices, sera pour nous à jamais marquée par cette atmosphère d’amitié et de célébration de la vie pour ce qu’elle a de mieux à nous offrir. Grenade, dernière destination de l’arc antillais, lieu de décision de continuer vers le sud ou de remonter vers le nord, nous te promettons de revenir un jour pour continuer ce voyage.

Pour ceux qui se le demandent, nous sommes toujours à flot et heureux comme jamais.  Nous étions de grands amateurs de voile et de mer avant ce voyage, maintenant nous savons que ces derniers devront absolument faire partie de notre vie dans le futur… c’est une histoire d’amour pour toujours.

Nous écrivons ces lignes de Malendure sur la cote Ouest de la Guadeloupe après avoir souligné la fête du 14 juillet aux Saintes, sur une mer d’huile, une douce brise et un soleil radieux… un nirvana où nous aurions voulu  que le temps s’arrête à jamais.

Plus que quelques semaines avant l’arrivée à St-Martin.  Il est triste de voir ce voyage s’achever mais notre retour sur terre ne sera que pour préparer les nombreux projets que cette année nous a inspirés.  À suivre dans un proche futur.

On espère vous redonner des nouvelles de nos dernières étapes si le rhum ne coule pas trop à flot d’ici là!


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Les chiottes part II

Saline bay à Mayreau avant la catastrophe écologique

Mayreau Grenadines, Saline bay avant la catastrophe écologique

Vous vous en doutiez,  c’est évident que vous alliez avoir des nouvelles de mes chiottes….on ne peut pas passer une année sur un bateau sans avoir de nouveaux problèmes!

Pour commencer, disons que je suis fier d’avoir fait un super bon travail de mise à niveau avant notre départ.  Deux belles toilettes refaites à neuf et qui sentent presque bon.  En plus, elles ont subi les affres de nos enfants et visiteurs qui, sans vouloir entrer dans les détails, ont mangé comme des ogres et bu comme des trous….pas besoin d’en dire plus!!!

Il faut dire qu’il y a des règles strictes à bord.  La plus importante est la suivante :

 *****PAS DE P-CUL DANS LA CUVETTE*****

Ça peut paraître bizarre mais le système d’évacuation du réservoir septique fonctionnant par gravité,  il faut éviter toute matière qui pourrait bloquer la tuyauterie.  C’est un peu intimidant au départ  de mettre son P-CUL dans la petite poubelle à merde  mais, pas le choix.  Pour assister nos hôtes, nous offrons le confort d’une technologie moderne très appréciée: les lingettes pour bébé.  Donc en cas d’évacuation complexe (i.e. le lendemain d’une soirée trop arrosée à manger des chips et de la guacamole), ces lingettes offrent la possibilité de faire un travail de nettoyage efficace et de ne pas vider le rouleau de P-CUL et du même coup de faire déborder la dite poubelle à merde.

Donc, tout allait à merveille jusqu’à récemment où, lors d’un repas à bord de FrenchKiss, les enfants de nos amis navigateurs vont à la toilette.  Nos cabinets (il y en a 2 à bord) sont naturellement équipés de lingettes.  Par contre, cette fois, Esther avait acheté la Cadillac des lingettes Pampers qui faisaient au moins 3mm d’épaisseur tout en étant indéchirables…..comme si tu t’essuyais avec de la toile….un truc de ouf!!!!

Ce qui devait arriver arriva, le gamin fit son gros caca et nettoya le tout avec 3 lingettes systématiquement mises dans la cuvette (dans leur bateau, c’est permis car pas de réservoir septique!…ils sont mieux équipés que nous).

Première panique pendant la soirée, Esther m’appelle :

-Didoooooooouuuuuuuu,  y’a un problème!!!!!……..

Bordel,  je ne peux jamais prendre mon apéro tranquille…..je vais voir et…… ce n’est pas beau à voir…. les chiottes sont bouchées solide!!!!!  Je me concentre et réussi après d’énergiques coups de pompe et de brosse à chiotte à faire passer le tout dans le réservoir septique.  Tout est sous contrôle mais j’ai l’épaule déboîtée à force de pomper.

La fête continue!!!

*************************************************** 

 

Quelques jours plus tard, une odeur putride se dégage du coté tribord de FrenchKiss.  Après vérification, pas de doute, la cuve de la toilette avant est pleine.  Je balance des seaux d’eau par la prise de pont,  je vais au large pour brasser le tout dans la houle….rien à faire.  Je me résous à sortir l’acide muriatique pour un traitement choc….la seule résultante est une odeur horrible autour de FrenchKiss…..que faire?

Je me résous à plonger avec un cintre coupé et essaye tant bien que mal de déboucher le conduit par le passe coque….rien à faire.    J’ai l’idée de scotcher le cintre avec du ruban gris à ma brosse de pont et je fais descendre le tout par le trou d’évacuation de pont….je gratte, je tourne….après  30min d’efforts je réussis à sortir une de ces satanées lingettes.  Je continue jusqu’à ce que ma broche et le scotch restent coincés dans le conduit…bordel de merde! Me voilà avec une toilette bouchée en plus d’une broche de 1 mètre prise dans le conduit…..je pleure…..je pue.  Nous quittons notre mouillage car mon ami Jim doit se connecter à internet pour remettre un travail du MBA.

Quelques heures plus tard, en arrivant sur une jolie baie de Mayreau, Jim me dit :

-Tu n’aurais pas un siphon à toilette?

Quel con….je n’y avais pas pensé!!!!…. Je fouille dans tous les coffres de FrenchKiss et je trouve sous l’évier de cuisine un mini siphon d’à peine 5po de diamètre…..ça devrait faire le boulot.

J’attends 17h que le soleil baisse afin que mes voisins ne puissent pas assister au spectacle si jamais j’arrive à déboucher.  Je plonge avec tout mon courage….le siphon fait exactement le diamètre du passe coque …..5mm de moins et c’était cuit…..oouuffffffff.

Je siphonne….rien…..encore……..rien…………encore…..un petit nuage brunâtre apparait…..encore…… le tout s’intensifie….on dirait une fumerolle d’un volcan sous-marin.  Je m’active….je pompe, pompe, pompe, je suis comme un débile qui semble poignarder le ventre de son bateau dans la noirceur qui approche et, tout a coup…..PPPPPPPPPPPPPPPOOOOOOOOOOOWWWWWWW….une détonation!!!!!

Je palme à vive allure pour m’éloigner de la coque, je vois un geyser de merde s’expulser de FrenchKiss sous la pression du réservoir plein à craquer….Le nuage qui pourfend cette eau limpide se rend au fond de la mer qui est à 20 pieds……quel spectacle!!!!!   Les lingettes sont expulsées comme des vielles chaussettes brunies et j’entends Jim lancer du pont  un :

-DÉÉÉÉÉGGGGUUUEEEELLAAASSSEEEEE!!!!!!

Wow…quel soulagement!!!  J’ai peut être causé une catastrophe écologique à Mayreau mais au  moins mes chiottes sont débouchées.  Heureusement que les chinois du catamaran voisin ont terminé leur baignade 5 minutes plus tôt sinon ils revenaient de leur vacances avec 2 tons de bronzage en plus.

J’attends quelques minutes avant de m’approcher du bateau afin que le courant fasse son œuvre et je remonte triomphant.  Comble de bonheur, dans cet élan, j’arrive par la suite à sortir du conduit le cintre coincé…..la catastrophe est derrière nous.

Dans l’euphorie du moment, nous ouvrons une bouteille avec une bonne musique…vive la voile!!!  La nuit venue, je me couche fourbu mais heureux.  Par contre, j’ai les cellules olfactives brûlées par l’odeur de l’acide en action….tout sent la chiotte autour de moi!!!

Je pense que je vais installer un pictogramme géant au dessus de la cuvette pour éviter une autre mésaventure du genre.  aaEn espérant que ce sera la dernière du périple.

PS1 :  Je ne peux m’empêcher de penser aux personnes qui se promettent de faire ce type de voyage pour la première fois à leur retraite…..NOOOOO WAYYYYYYYYY!!!!!

PS2 :  La plupart des bateaux dans les Caraïbes n’ont même pas de fosse septique, le tout sort directement à la mer….plus simple et moins risqué….à savoir lors de l’achat d’un bateau!

A bientôt!

 


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Le quotidien…par Esther

Courses à Union

Courses à Union


Même sur un bateau, notre quotidien reste marqué par des obligations, les tâches ménagères, l’école à faire aux garçons, les repas à préparer…. En fait, tout est long et compliqué en bateau et nous perdons beaucoup de temps à faire des allers-retours et à se déplacer en annexe… L’annexe est l’équivalant de notre voiture, il faut l’accrocher au quai de service, mettre le cadenas, jeter l’ancre pour ne pas qu’elle cogne en-dessous du quai au risque de la percer, sauter à quai, sortir toutes les chaussures, prendre les sacs d’épicerie et partir à la recherche d’un morceau de fromage qui ne soit pas pourri, un paquet de jambon qui ressemble à de la viande, un paquet de beurre hors de prix, ou encore du lait qui ne soit pas expiré… Tout ça dans des petites baraques en bois que l’on appelle épiceries… Nos menus ont bien changé ces derniers temps dans les îles anglaises, inutile de chercher de l’eau gazeuse, des céréales, du chocolat, des gâteaux pour les enfants, des yoghourts ou autres produits de base devenus un vrai luxe! Le moindre dépanneur au Canada aurait des allures de grande surface pour nous en ce moment… Et je ne vous parle même pas de mon régime sans gluten à suivre!!!! Par contre, c’est vrai que nous avons du thon jaune, fraîchement pêché, à profusion que nous dégustons sous toutes ses formes: sushis, sashimis, tartare, céviché, tataki à peine saisi….. Sans oublier les fameuses langoustes que nous n’arrivons plus à avaler tellement qu’on en a abusé… Rien n’est parfait, quoi!!!!!!

Nous ne nous sommes pas encore résignés aux saucisses en boîtes de conserve, mais on jongle entre les macaronis Mac and Cheese Kraft, les sandwichs aux œufs, les grill-cheese, les spaghettis, et les variantes de riz… Au grand bonheur des enfants qui ne mangent pas beaucoup de légumes ni de fruits, le seul fruit abordable étant la banane…. Ici, tout est hors de prix, y compris mangues et ananas importés des autres îles car ici, il n’y a pas d’eau…

Petit repas de langoustes

Petit repas de langoustes

Une fois nos bras chargés de bouteilles d’eau potable, nous commençons les nombreux allers-retours entre le magasin et l’annexe afin de ramener des dizaines de packs d’eau…. C’est lourd et il fait une chaleur de plus en plus écrasante ces derniers temps…. Pour vous donner une idée, nous buvons en moyenne presque 8 litres d’eau par jour à nous quatre…. Donc, il faut en porter en en stocker des bouteilles d’eau…

–          Etienne, où sont les enfants????

–          Je n’en ai aucune idée…..

Car en même temps, il faut les surveiller… Ils courent comme des fous sur les routes sans tenir compte que la conduite est à gauche ici et que les locaux conduisent comme des fous…. Sacha part toujours vers toutes les chèvres du village et Noah essaie d’attraper tous les poussins qu’il voit! J’ai l’air d’une vraie folle en criant après eux et en portant des bouteilles d’eau qui m’arrachent les bras… J’ai tellement chaud et je ne suis pas au bout de mon voyage…. Il nous faudra tout charger dans l’annexe, hurler après les garçons qui ont préféré sauter dans l’eau au bout du quai plutôt que de nous aider…. Etienne crie qu’il faut faire vite car il y a de la houle et que l’annexe est projetée sur le quai… Je n’en peux plus!!!! Les garçons remontent dans l’annexe tant bien que mal en essayant de ne pas se faire arracher une jambe avec l’hélice du moteur qui tourne…..

Je demande alors à Noah de tenir très délicatement les œufs frais que je viens d’acheter et que je souhaite rapporter au bateau sans faire d’omelette malgré les fortes vagues…. Il me regarde et me demande alors :

-«  C’est toi qui les as pondus les oeufs, ou quoi????? »…

J’en peux plus!!!! Ça, c’est sans compter qu’il faudra tout monter sur le bateau en arrivant, tout ranger rapidement car il fait une chaleur épouvantable…. Le frais ira dans ce qu’on peut appeler un frigo, gros comme une glacière et toujours tiède, le sec ira dans les câles humides qu’il faut ouvrir et nettoyer à chaque fois car elles sont pleines d’eau croupie…  Puis, vider les cartons ou les sacs d’épicerie qui cachent, bien souvent, des cafards qui ne sont pas les bienvenus à bord…. Ensuite, ce sera l’heure de se mettre aux fourneaux, vite, vite, de faire la vaisselle en allant chercher un seau d’eau de mer, oh, c’est lourd et  j’ai encore mal aux bras… et puis ouf!!!! C’est l’heure de la sieste obligatoire si on veut reprendre des forces pour la suite…. Mais il fait tellement chaud, les garçons s’excitent et c’est la panique à bord… Noah ne veut plus faire de sieste car il est grand maintenant (bientôt 5 ans!), Sacha, lui, préfère aller dormir plutôt que de faire l’école et Étienne me demande de lui faire un expresso instantané au plus vite pour survivre car on part bientôt en navigation et qu’il faut faire vite pour arriver avant que le soleil ne se couche… J’en peux plus!!!! Pendant ce temps, les garçons ont sorti la peinture, les légo, les Playmobil et il faudra tout ranger car de toute façon, tout sera explosé durant notre prochaine traversée à cause des vagues…. Encore, une autre crise à gérer à bord avec les garçons, alors qu’Étienne démarre le moteur du bateau et me demande d’aller en avant pour remonter l’ancre…. Alors, je me demande si c’est vraiment pour ça que nous avons travaillé si fort…. C’était vraiment ça notre rêve????

Et puis maintenant, il faudra sortir les gilets de sauvetage pour tout le monde, une autre crise à gérer avec les enfants qui ont chaud et ne veulent pas les mettre…

On lève l’ancre, je vais enfin pouvoir m’assoupir et reprendre des forces durant la traversée… Sauf que les enfants ne veulent pas se reposer, Sacha décide de mettre des lignes de pêche à l’eau pour attraper un thon et Noah a envie de caca… Il n’arrive toujours pas à pomper les toilettes, j’avoue qu’il faut pomper au moins 20 fois pour que le tout s’évacue… Étienne me demande si j’ai mis de la crème solaire aux garçons et si tout est sécurisé à l’intérieur car ça va giter… On est toujours pas parti, tout le monde a soif là-haut…

-« Dis Etienne, on en a pour combien de temps environ? »

– « Deux ou trois heures…. Ça veut dire 4 ou 5! »…

Donnez-moi un aspirine, j’en peux plus!

Voilà un court extrait de notre quotidien à bord… Et malgré tout ça, aucune envie de quitter le navire, chaque jour est une nouvelle aventure, aucun regret, nous sommes tout simplement heureux sur Frenchkiss et profitons de chaque instant… Plus aucune pensée de notre vie antérieure, notre baignoire s’est transformée en un océan salé dans lequel nous nous jetons tous les soirs au coucher du soleil… Et je m’en porte très bien ainsi!  Vive l’aventure.

 


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Nouvelles du captaine

Arrivée à Béquia, porte d'entrée des Grenadines

Arrivée à Béquia, porte d’entrée des Grenadines

4 ieme match de la série, le score est 3-3 entre le Canadien et Tampa Bay.  Il reste 2 minutes au quatrième match et une pénalité est appelée.  La tension est extrême….Je prends quelques secondes pour bien jouir du moment présent.  Nous sommes à Bequia dans un petit resto sympa surplombant la baie d’Admirality.  Nous venons de terminer un délicieux repas offert par nos amis Noémi et Jim afin de célébrer la fin de leur visite et une belle semaine de voile qui se termine.  Champagne à la main, on discute avec le propriétaire de la place qui est suédois et fan fini de Hockey ce qui explique le pourquoi du match sur la télé.   Voyant notre excitation, la serveuse veut agrandir l’écran d’ordinateur mais fait tout geler….vite, elle redémarre le PC et…..ILS ONT MARQUÉ!!!!  Nous crions comme des fous et tous les clients du  resto nous regardent bizarrement…..on s’en fout, le moment est  magique!!!!

C’est un peu surréaliste et surtout inattendu d’écouter le Hockey sous les alizés et 27deg dans un trou perdu des Grenadines.  Cette soirée marque le départ de nos amis mais  aussi la fin de la période des visites qui se sont plus ou moins suivies depuis début Mars.  Difficile de résumer ces 2 derniers mois tellement nous avons vécu de moments intenses et d’aventures. Notre absence du blog s’explique facilement par le fait que nous avons tout simplement décroché…..

 A  cette étape de notre voyage, nous sommes parfaitement intégrés à la vie sur l’eau.  Les navigations s’enchaînent entre chaque découverte, la routine d’entretien et de ravitaillement est bien huilée (sans être de tout repos),  seule l’école de Sacha reste un défi quotidien mais, au moins, il obtient de bonnes notes au CNED.  En fait, nous sommes super bien adaptés à cette vie de nomade sur mer.

Le dernier mois a été marqué par la visite de notre grand ami Fréderic Giraud.  Avec lui, nous sommes descendus du Marin en Martinique jusqu’à Union aux Grenadines pendant 3 semaines.  Difficile de décrire un tel voyage.  D’un coté, le plaisir de partager ma passion de la navigation avec mon meilleur ami, de l’autre, toutes les soirées bien arrosées passées à refaire le monde en regardant le ciel étoilé en passant par les bonnes bouffes, les plongées et les rencontres….sans oublier la découverte d’îles et de mouillages avec chacun leur côté exceptionnel….quel programme!   C’est un réel plaisir de partager notre bonheur… à chaque fois  je pense au film « Into the Wild »où le protagoniste de l’histoire écrit avant de mourir seul au fin fond de l’Alaska…. « Le bonheur est réel que s’il est partagé  (HAPPINESS [is] ONLY REAL WHEN SHARED»)…. Merci à tous nos visiteurs qui nous ont encouragés et qui ont partagés notre bonheur.

La visite de Fred a été suivie par celle de Noémi et Jim qui ont réussi à larguer leurs 3 gamins (une première en 7 ans)  pour venir reprendre des forces avec nous.  La simple vision de leur couleur de peau à leur arrivée nous a fait rappeler la beauté et surtout la longueur de l’hiver Québécois…. qui ne nous manque pas!  Nous avons pu admirer le courage de Jim qui cumule travail, famille et MBA à temps plein… Nous connaissons maintenant tous les hot spots internet des Grenadines car, même en vacances, Jim devait jongler entre les travaux d’équipe et les lectures à faire… Cela nous rappelait  un autre monde, devenu irréel pour nous tant il est loin de notre vie actuelle…Et dans lequel nous ferons tout notre possible pour ne plus y retourner! Encore des apéros bien arrosés, remplis de rires et de bêtises…

De mon côté, j’assume avec plaisir mon rôle de capitaine.  Pour une fois dans ma vie, j’ai l’impression d’avoir le contrôle sur ma vie. .  Il n’y a pas de plus grand plaisir que de se lever le matin sans savoir où l’on dormira le soir même….peut être au même mouillage, peut être sur la prochaine île qui nous attire avec ses plages idylliques, son récif de corail, ses visiteurs sympas  ou ses petits bars festifs.  Rien de planifié et aucune  d’obligation!!!

Pour le sommaire de nos visites, je vous laisse regarder les photos:

De Martinique aux Grenadines :  https://flic.kr/s/aHsjXd6Njp

Mustique : https://flic.kr/s/aHsjXadYnC

Nous quittons à l’instant Canouan pour un dernier saut aux Tobagos Keys avant de quitter les Grenadines…il est temps;  voila plus d’un mois que nous vagabondons dans ces eaux et nous avons le gout de retrouver une grande ile avec un meilleur approvisionnement.

Prochaine étapes : Petit St-Vincent, Petite Martinique et Cariacou.

À Bientôt.


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La Baleine

La fête à bord de FrenchKiss!

La fête à bord de FrenchKiss!

« Sécurité, sécurité, sécurité…ici le CROS Antilles-Guyane…. Alerte à tous les navigateurs : Une grosse baleine morte à la dérive a été signalée au large des côtes de Sainte-Lucie, à la position GPS suivante… Nous demandons à tous les marins de naviguer avec une extrême prudence… »

–          Maman????

–          Quoi????

–          C’est vrai, Maman???

–          Eh bien, oui, Sacha, c’est vrai…

Étienne et moi, on se regarde… Pas besoin d’en dire plus pour comprendre toute la tristesse et les interrogations de Sacha par rapport à ce message. Ses deux grands yeux bleus scrutent l’océan pensivement…

Voilà plus d’un mois depuis nos dernières nouvelles et cet évènement nous rappelle à quel point ce voyage est une expérience formidable et enrichissante pour les garçons….et pour nous aussi!

Ce dernier mois nous a mené de Pointe-à-Pitre à Fort de France, en passant par Marie-Galante et ses 106 moulins, la Dominique et ses 365 rivières, le village de Saint-Pierre en Martinique et son lourd passé volcanique, le rocher Diamant… On ne compte plus les plages, les cascades, les petits ports, les villages de pêcheurs, les restaus sympas et les couchers de soleil…

Ce dernier mois aura été aussi riche en visite, apéros et ti-punchs entre l’arrivée de Mamoulie et nos amis Jean, Mado, Marie-Chantal, Normand, Éloïse et Alicia… Que de bonheur pour les garçons de retrouver leur grand-mère et leurs petites copines, et que d’occasions pour nous de continuer à fêter avec nos amis!

Tout cela, sans oublier l’école de Sacha, les quelques réparations de Frenchkiss et le quotidien, malgré tout, encore présent, même sur un bateau. Nous sommes depuis quelques jours au Marin, Martinique afin d’en finir avec la paperasse d’une ancienne vie qui ne nous manque point (impôts, taxes à payer, courrier à suivre, location d’appartement etc.). Nous sommes maintenant prêts pour filer vers le Sud : direction Sainte-Lucie et les Grenadines! Ces endroits qui nous ont fait tant rêver… Nous avons hâte de partir, l’appel du grand large s’est propagé à toute la famille qui attend avec impatience la prochaine traversée et la soif de découvrir toujours plus…

Le point marquant de ce mois aura été la passion de la voile qui s’est développée pour les enfants et moi. Que d’étonnement de voir les garçons sortir leur gilet de sauvetage, mettre leur bracelet anti-nausée (un atout uniquement psychologique!) et préparer leurs petites affaires, doudous et oreillers afin de jouir des traversées qui vont jusqu’à 6 ou 7 heures parfois. On mange, on dort, on rigole et joue… le temps s’arrête enfin! Même le capitaine arrive à s’assoupir quelques minutes! Et tout ça, par 3-4 mètres de creux et 20 nœuds de vent dans les passages inter-îles….on revient de loin!!

Frenckiss est maintenant notre bébé, notre maison, notre petit lieu où il fait si bon se retrouver tous les soirs… Il fait lui aussi partie de la famille!

–          « Maman, j’espère juste que la baleine a eu une belle mort et qu’elle n’a pas souffert… »

–          Bien sûr que non….elle a eu une belle vie dans la mer chaude des Caraïbes!

Sur ce, je vous laisse découvrir quelques photos de notre dernier mois….une image vaut mille mots.

À la prochaine…

Allez au lien suivant

 https://flic.kr/s/aHsjUxqQwn

 


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Le poisson coffre

Poisson coffre

Poisson coffre

Voila déjà neuf  jours que nous sommes dans l’archipel des Saintes en Guadeloupe.  Les enfants sont avec  Ulrich le potier, unique habitant de l’Îlet Cabrit, personnage aussi fascinant que mystérieux qui se fait un plaisir d’enseigner son art aux enfants.   Pendant qu’Esther se repose juste à côté sur la plage, j’en profite pour aller faire ma plongée journalière, moment de pure détente après une journée toujours très occupée malgré ce que les gens pensent de la vie sur un bateau!   En me laissant tranquillement dériver dans le courant, je prends le temps de savourer l’instant présent et de me rappeler que je suis au cœur de ce projet que nous avons préparé depuis tant d’années.  Nous sommes aux Saintes, lieu qui m’a interpellé tant de fois par le passé en étudiant les cartes marines des Caraïbes par les grands froids d’hiver depuis ma chambre sur la rue Querbes.

***

Depuis que nous avons aperçu les côtes verdoyantes de la Guadeloupe nous avons été envoutés par celle qui se fait surnommer l’émeraude des Caraïbes.   Dès que nous avons jeté l’ancre à Deshaies, nous avons été charmés par ce petit village de pêcheurs au charme créole  et sa petite église, tout en retrouvant la richesse de la culture française;  la bonne bouffe, l’architecture, le charme des petits cafés et boulangeries, etc.  Esther était aux anges de retrouver les petits Casinos ou Leader Price pour ravitailler le navire et concocter de délicieux repas à son équipage.  Que dire des bons vins Français, sinon qu’ils sont un nectar pour le palais à moins de 6 Euros!   Basse terre est surplombée par d’imposantes montagnes abruptes qui se noient dans la côte sur des plages de sable noir volcanique, un contraste avec les îles que nous avons visitées depuis notre départ.  Une forêt luxuriante est omniprésente et d’une richesse incroyable.  La visite du jardin botanique de Deshaies, ancienne résidence du regretté Coluche, nous fait découvrir ces merveilles avec vue sur notre FrenchKiss dans la baie tout en bas.   Notre prochain arrêt était à l’île Pigeon qui fait partie de la réserve Cousteau, site protégé faisant partie du parc de la Guadeloupe.  C’est incroyable ce que quatre petites bouées délimitant un parc marin ou la chasse, pêche et ancrage sont interdits peuvent  faire.    Les fonds marins sont merveilleux, une myriade de poissons dans une eau cristalline  nous attendait à chaque plongée et nous y avons croisé tellement de tortues que nous ne les regardions à peine après quelques jours.  Un autre rappel de l’impact de l’homme sur notre environnement.

Nous avons eu la chance d’y faire la connaissance d’une sympathique famille de français avec leur fille de 10 ans. Une première depuis notre départ car, à notre grande déception, les navigateurs  sont principalement des couples sans enfants ou des retraités, à croire que nous sommes les seuls assez débiles pour se lancer dans une telle aventure!!!   Isabelle et Guillaume ont construit leur superbe bateau à partir d’une coque de 80 pieds destiné à la course au grand large en équipage mais qui avait été abandonné dans un hangar de Sète après l’échec du projet.  Une merveille de voilier, un bolide de course convertit à la plaisance où tout a été fabriqué de leurs propres mains.  Il est toujours fascinant et inspirant de rencontrer des personnes qui réalisent leur rêve à force de travail et détermination.   Les apéros bien arrosés nous ont permis d’échanger sur nos péripéties et de partager cette expérience que nous vivons… et que dire des enfants !   Sacha et  Noah sont tombés sous le charme de la grande et belle Angélina qui nous a fait bien rire avec sa hantise des traversées malgré avoir réalisé l’exploit de se taper l’Atlantique avec ses parents!!!  Et par surcroît, enfin un moment de répit pour les parents; c’est beau la vie en symbiose familiale mais bordel que ça fait  du bien de les voir disparaître avec Angelina pour quelques heures dans les contrebas de « The Pearl » sans les entendre crier!!!

Tout cela nous a amené aux Saintes.  Petit paradis au sud de la  Guadeloupe où le petit village de Bourg des Saintes nous accueille avec ses maisons aux toits rouges et ses rues  vivantes.  Impossible de ne pas être charmé par ses habitants, son accueil et ses paysages.  Chaque matin, on vient nous livrer au mouillage nos croissants et notre baguette fraîche  jusqu’à notre lavage déposé la veille.  Le ponton des annexes est bien aménagé, le QG de la société de gestion du parc nous offre le WiFi haute vitesse avec choix de café ou bière froide  et l’eau coûte 1$ le 100 Litres…tout a été pensé pour les plaisanciers…un paradis!!!  Le mouillage étant un peu rouleur en raison de la forte houle qui s’éternise cette année,  nous avons opté pour se déplacer à ½ mile  sur l’îlet Cabrit où bien protégés, nous sommes comme sur un lac….avec en prime une île déserte et un récif de corail!!

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A travers mes rêveries, sans bouger, j’observe le spectacle qui se déroule quelques mètres plus bas.  Les carangues s’activent à chasser les petits poissons qui  se sauvent à vive allure, le poisson perroquet broute le corail avec son bec,  la murène sort la tête de son trou avec sa grande bouche ouverte en croyant me faire peur, un superbe poisson lime de 50cm nage sur le côté, au ras du fond tout en changeant de couleur selon le soleil qui perce à travers les nuages  afin de mystifier ses proies et les frapper de son dar…et à travers toute cette effervescence, un bébé poisson coffre, d’à peine 6 ou 7 cm fait aller ses petites nageoires afin de rester près de sa cachette logée dans une tête de corail malgré le fort courant qui sévit.  Il est tellement mignon avec ses grands yeux, ses petites cornes au dessus des yeux et son camouflage noir et blanc….nous nous observons mutuellement de longues minutes avant que l’appel de l’apéro me ramène à la réalité…je nage en plein bonheur!!!

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Dès le lendemain, nous levons l’ancre pour Pointe à pitre;  une escale technique qui nous permettra de se ravitailler et de louer une voiture afin de visiter l’intérieur de l’île.  Malgré les petits 21 miles qui nous séparent de notre destination, cette traversée implique un passage ce qui ne doit jamais être pris à la légère.  La météo est bonne et malgré quelques grains au départ qui nous ralentissent, notre progression se fait selon les plans.  La mer est toujours  assez forte avec ses 2.5m de creux mais bien appuyé dans ses voiles, FrenchKiss avance bien.  Une fois la pointe sud de Basse-terre atteint,  je peux abattre de 15 degrés et ainsi au travers, FrenchKiss s’envole sans une vibration et pointe à 8…9 nœuds en brisant les vagues dans son élan…..et…..un petit miracle se produit.

Je vois Sacha descendre se chercher un livre et lire avec son frère, Esther quitte sa position de navigation, soit couchée de tout son long et s’assoie en admirant le ballet des cargos qui transitent vers Pointe à pitre….mon équipage de morse est en train de se transformer.  Je décide de ne rien dire afin de ne pas briser ce moment de grâce…je demande :

-Qui a faim?

-Moi….moi….. et moi aussi!

Wow…je ne m’attendais pas à ça.  Me voila à préparer le lunch pour Esther et les garçons qui vont manger avec appétit en pleine traversée sous 20 degrés de gîte!!! Et pour une fois, il ne sera pas dégueulé dans les prochaines minutes!

4 heures plus tard, nous sommes ancrés et bien excités d’aller découvrir cette nouvelle terre qui s’offre à nous. Vite, on cherche une location de voiture mais impossible à trouver car il y a une grève générale des détaillants d’essence sur l’île…vive la France!!   Esther, fidèle à son habitude, réussit à séduire un concessionnaire de voitures et nous voilà avec une rutilante Peugeot rouge pleine d’essence.  Pourtant, la porte du commerce indiquait bien :  Désolé, PLUS aucune voiture de disponible… J’aime ma femme, et ne veut pas savoir comment elle s’y est prise pour arriver à ses fins!

Nous voilà donc, téléportés en moins de deux dans un supermarché Casino Géant. Tout excités par cette abondance s’offrant à nous, nous défilons dans les allées comme des malades et faisons exploser le budget bouffe du mois….  Les néons nous grillent rapidement les yeux et nous avons vite envie de battre le connard qui annonce constamment  ses promotions au micro… La migraine nous prend.  J’ai le mal de terre et je suis sonné de notre journée de voile en plein cagnard.  J’arrive devant le comptoir de fruits de mer et que vois-je?  Poisson coffre en spécial à 18 euros le kilo!!  Six beaux spécimens sont exposés sur la glace, les yeux vitreux et ayant perdu toute leur couleur et leur magie.  Je pète ma coche et dit à Esther « on dégage! »

Malgré notre voiture pleine de courses, nous n’avons pas le courage de rentrer et faire la cuisine…la journée se termine sur la terrasse d’un joli restaurant asiatique.  En prenant une gorgée de rosé bien frais, Esther me dit :

-J’ai un truc à te dire…

-Quoi, tu as un amant?

-Non,  c’est par rapport à aujourd’hui….c’est la première fois que j’étais déçue lorsque tu m’as dit qu’on arriverait dans moins d’une heure….j’étais tellement bien que j’avais envie que ça continue.

-Je le savais….je t’ai vue…. je l’ai senti.

Ça peut paraître banal, mais voilà une grande étape de franchi pour notre équipage…la piqûre de la voile s’est propagée à Esther et aux enfants…ils me demandent déjà quand nous allons repartir.  Sacha nous avoue même qu’il préfère maintenant naviguer au lieu de faire l’école.

Ça promet tout ça!

Pour nos dernières photos de la Guadeloupe, vous pouvez aller au lien suivant:

http://flic.kr/s/aHsjRYE9UG

 

PS: Encore merci pour vos commentaires qui sont toujours appréciés.  

Nos escales en Guadeloupe

  • Deshaies
  • Ile Pigeon (Bouillante)
  • Les saintes – Terre d’en haut
  • Pointe à Pitre